Mort annoncée pour les annuaires de recherche.
L'actuelle suprématie des moteurs de recherche entraîne depuis quelques années la mort annoncée des annuaires. Les causes de la prochaine disparition des annuaires de recherche sont multiples.
Un modèle économique victime de son succès ?
Dès 1997 Yahoo se présente comme un annuaire majeur de l'internet mondiale, le modèle économique est celui d'une époque quelque peu révolue, celui de la publicité génératrice de revenus.
La majeure partie des annuaires de recherche était une source de visibilité extraordinaire pour de multiples annonceurs, ainsi les régies publicitaires des principaux annuaires monnayaient de nombreux espaces publicitaires pour atteindre une rentabilité nécessaire, lié en partie au mode de fonctionnement de l'annuaire.
Avec l'éclatement de la bulle internet et la chute croissante des revenus publicitaires, le monde de la recherche sur internet a vu peu à peu disparaître certains annuaires.
Ainsi, dès 2001 l'Annuaire Blanc édité par l'île des Médias disparaît, Nomade co-leader avec Yahoo (pour le marché francophone) passe à la trappe à l'automne 2003. Aujourd'hui, le guide Web Lycos n'est que rarement mis à jour, Yahoo s'oriente sur le segment des moteurs avec le lancement de la technologie YST dès 2004. Seul le guide Web Wanadoo et l'Open Directory (DMOZ) sont les derniers des Mohicans. Quant à MSN, suite au lancement en grande pompe de la dernière mouture de son moteur de recherche, il y a grand à parier que son guide Web vive ses dernières heures.
Coups humains contre mise à jour d’algorithme
L'éclatement de la bulle internet et la chute des revenus publicitaires n'explique pas tout. La chute des annuaires réside avant tout sur leur mode de fonctionnement. Contrairement aux moteurs de recherche, les annuaires sont des outils gérés intégralement par l'humain.
Ainsi de 1999 à 2001, l'équipe dédiée à l'indexation des sites, la construction et l'évolution de l'arborescence de l'Annuaire Blanc de L'île des Médias se composait d'une vingtaine de personnes. L'annuaire Blanc n'avait pas la notoriété ni le poids des Yahoo et autres Nomade mais proposait ses résultats à de grands portails : Lokace, Spray, Altavista…
Ainsi de nombreux portails optèrent pour un coup moindre en utilisant un moteur de recherche plutôt qu’une équipe de documentalistes aux coups beaucoup plus élevés que ceux d’une mise à jour d’algorithme.
Des tentatives de sauvetages.
Ainsi la gestion d'un annuaire commercial nécessite de lourds investissements humains et surtout financiers. Ceci explique le besoin pour les annuaires de trouver des modes de revenus, après la chute des revenus publicitaires, les annuaires survivants se sont rapidement tournés vers des solutions de soumissions payantes. En 2001 Yahoo, Wanadoo, Lycose et Nomade lancent les premières offres de soumissions payantes à l'attention des sites «commerciaux» suivant ainsi la mode lancée aux Etats-Unis quelques temps au paravent.
Les annuaires proposaient dès lors une indexation «express » pour les sites ayant souscrit aux offres payantes, ces sites devenant ainsi les VIP des annuaires en étant indexés 48 heures après leur soumissions contre quelques mois pour une soumission manuelle.
La pertinence d’une indexation payante sur un annuaire n’indexant qu’une seule URL ne pouvait pas lutter éternellement face à la gratuité d’un Google capable à lui seul d’indexer des milliers d’URL pour un seul site.
L’annuaire un produit d’appel pour les technologies « moteurs »
Laissez l'internaute dans le néant, c'était perdre un client pour l'annuaire mais également pour les annonceurs. Les dirigeants des annuaires tels que Yahoo, Nomade... se sont alors tourné vers leur concurrents du marché de la recherche sur Internet : les moteurs.
Yahoo proposa tout d'abord les résultats d'un petit nouveau du nom de Google, Nomade proposa les résultats d'Inktomi, de Google puis d'Alltheweb.
Yahoo fut la rampe de lancement idéale pour Google, qui pouvait bénéficier de l'audience de l'annuaire pour asseoir sa notoriété. Rapidement de nombreux annuaires sont devenus hybrides, à la fois annuaire et moteur. Pour les dirigeants de ses grands annuaires, l'équation était simple : pourquoi conserver un annuaire fort coûteux en architecture technique et surtout humaine. Dès le rachat d'Inktomi, d'Alltheweb et la fusion de ses 2 technologies dans sa YST, Yahoo ne proposa plus un accès différencié entre le guide Web et le moteur, c'était l'annonce de la mort du cygne.
Les annuaires de recherche ont été une formidable rampe de lancement pour divers support et outils : publicité, liens sponsorisés et moteurs de recherche ont profité de l’audience des annuaires de recherche.
Aujourd’hui la plupart des annuaires ont disparus ou sont en voie de disparition, d’après Olivier Andrieu (Abondance) , l’annuaire AOL devrait mettre un terme à son activité suite au récent plan social que vit le portail, d’après le Blog du logiciel PRWeaver Yahoo Italie ne propose plus la fonction de recherche sur l’annauire. Seul l'Open Directory (Dmoz) survivra à ce déclin, l'annuaire est en effet géré par des milliers de bénévoles passionnés et sert de Directory à l'ogre Google.
Christophe Bonnet
UCatchIt mesure d'audience
L'actuelle suprématie des moteurs de recherche entraîne depuis quelques années la mort annoncée des annuaires. Les causes de la prochaine disparition des annuaires de recherche sont multiples.
Un modèle économique victime de son succès ?
Dès 1997 Yahoo se présente comme un annuaire majeur de l'internet mondiale, le modèle économique est celui d'une époque quelque peu révolue, celui de la publicité génératrice de revenus.
La majeure partie des annuaires de recherche était une source de visibilité extraordinaire pour de multiples annonceurs, ainsi les régies publicitaires des principaux annuaires monnayaient de nombreux espaces publicitaires pour atteindre une rentabilité nécessaire, lié en partie au mode de fonctionnement de l'annuaire.
Avec l'éclatement de la bulle internet et la chute croissante des revenus publicitaires, le monde de la recherche sur internet a vu peu à peu disparaître certains annuaires.
Ainsi, dès 2001 l'Annuaire Blanc édité par l'île des Médias disparaît, Nomade co-leader avec Yahoo (pour le marché francophone) passe à la trappe à l'automne 2003. Aujourd'hui, le guide Web Lycos n'est que rarement mis à jour, Yahoo s'oriente sur le segment des moteurs avec le lancement de la technologie YST dès 2004. Seul le guide Web Wanadoo et l'Open Directory (DMOZ) sont les derniers des Mohicans. Quant à MSN, suite au lancement en grande pompe de la dernière mouture de son moteur de recherche, il y a grand à parier que son guide Web vive ses dernières heures.
Coups humains contre mise à jour d’algorithme
L'éclatement de la bulle internet et la chute des revenus publicitaires n'explique pas tout. La chute des annuaires réside avant tout sur leur mode de fonctionnement. Contrairement aux moteurs de recherche, les annuaires sont des outils gérés intégralement par l'humain.
Ainsi de 1999 à 2001, l'équipe dédiée à l'indexation des sites, la construction et l'évolution de l'arborescence de l'Annuaire Blanc de L'île des Médias se composait d'une vingtaine de personnes. L'annuaire Blanc n'avait pas la notoriété ni le poids des Yahoo et autres Nomade mais proposait ses résultats à de grands portails : Lokace, Spray, Altavista…
Ainsi de nombreux portails optèrent pour un coup moindre en utilisant un moteur de recherche plutôt qu’une équipe de documentalistes aux coups beaucoup plus élevés que ceux d’une mise à jour d’algorithme.
Des tentatives de sauvetages.
Ainsi la gestion d'un annuaire commercial nécessite de lourds investissements humains et surtout financiers. Ceci explique le besoin pour les annuaires de trouver des modes de revenus, après la chute des revenus publicitaires, les annuaires survivants se sont rapidement tournés vers des solutions de soumissions payantes. En 2001 Yahoo, Wanadoo, Lycose et Nomade lancent les premières offres de soumissions payantes à l'attention des sites «commerciaux» suivant ainsi la mode lancée aux Etats-Unis quelques temps au paravent.
Les annuaires proposaient dès lors une indexation «express » pour les sites ayant souscrit aux offres payantes, ces sites devenant ainsi les VIP des annuaires en étant indexés 48 heures après leur soumissions contre quelques mois pour une soumission manuelle.
La pertinence d’une indexation payante sur un annuaire n’indexant qu’une seule URL ne pouvait pas lutter éternellement face à la gratuité d’un Google capable à lui seul d’indexer des milliers d’URL pour un seul site.
L’annuaire un produit d’appel pour les technologies « moteurs »
Laissez l'internaute dans le néant, c'était perdre un client pour l'annuaire mais également pour les annonceurs. Les dirigeants des annuaires tels que Yahoo, Nomade... se sont alors tourné vers leur concurrents du marché de la recherche sur Internet : les moteurs.
Yahoo proposa tout d'abord les résultats d'un petit nouveau du nom de Google, Nomade proposa les résultats d'Inktomi, de Google puis d'Alltheweb.
Yahoo fut la rampe de lancement idéale pour Google, qui pouvait bénéficier de l'audience de l'annuaire pour asseoir sa notoriété. Rapidement de nombreux annuaires sont devenus hybrides, à la fois annuaire et moteur. Pour les dirigeants de ses grands annuaires, l'équation était simple : pourquoi conserver un annuaire fort coûteux en architecture technique et surtout humaine. Dès le rachat d'Inktomi, d'Alltheweb et la fusion de ses 2 technologies dans sa YST, Yahoo ne proposa plus un accès différencié entre le guide Web et le moteur, c'était l'annonce de la mort du cygne.
Les annuaires de recherche ont été une formidable rampe de lancement pour divers support et outils : publicité, liens sponsorisés et moteurs de recherche ont profité de l’audience des annuaires de recherche.
Aujourd’hui la plupart des annuaires ont disparus ou sont en voie de disparition, d’après Olivier Andrieu (Abondance) , l’annuaire AOL devrait mettre un terme à son activité suite au récent plan social que vit le portail, d’après le Blog du logiciel PRWeaver Yahoo Italie ne propose plus la fonction de recherche sur l’annauire. Seul l'Open Directory (Dmoz) survivra à ce déclin, l'annuaire est en effet géré par des milliers de bénévoles passionnés et sert de Directory à l'ogre Google.
Christophe Bonnet
UCatchIt mesure d'audience
Je ne partage pas cet avis. Les annuaires servent encore à quelque chose !
Sur la concurrence / la complémentarité des différents types de classification, lire par exemple :
DMOZ blog : Catégories, étiquettes, tags
Rédigé par: Thomas | 22 août 2005 at 13:16
Je pense cependant que la mutation sur MSN prendra plus de temps que prévu. En effet la majorité des revenus de MSN proviennent de son contenus portail, et de ses rubriques plubi-rédac.
Le basculement annuaire/ moteur se fera une fois le business model confirmé.
Rédigé par: Renaud | 23 août 2005 at 10:06